Save the date ! 09 mars 2026 : « Les enjeux stratégiques de l’Europe dans un monde en polycrise » – Mouvement européen des Yvelines

Face aux bouleversements géopolitiques actuels, cette conférence offrira, entre autres, des clés d’analyse sur :

 

  • Le conflit Russie–Ukraine
  • Les relations entre l’Europe et l’Amérique, notamment les enjeux liés au Groenland
  • Les crises et violences en Afrique subsaharienne

 

À propos d’Olivier Védrine
Professeur éminent en sciences politiques, journaliste, essayiste et consultant en géopolitique, Olivier Védrine est reconnu pour son expertise des relations internationales et des transformations stratégiques mondiales. Il intervient fréquemment dans les médias en France et à l’étranger. (Voir biographie ci-jointe)

Date : Lundi 9 mars 2026
Heure : à partir de 18h45
Lieu : Salle des Arts – Maison des Associations, 3 rue de la République

Programme de la soirée :
18h45 – Accueil des participants, Saint Germain-en-Laye
19h10 – Conférence d’Olivier Védrine (45 minutes)
19h50 – Questions / Réponses (30 minutes)
20h20 – Cocktail
21h00 – Fin de la soirée

Tarifs :
5 € pour les adhérents et étudiants
10 € pour les non-adhérents
La participation financière contribue à couvrir les frais logistiques de l’événement. Nous vous remercions par avance pour votre soutien.

Informations pratiques :

La Maison des Associations est proche du RER A et du parking du château. A partir de 19h, le stationnement est gratuit dans le centre-ville de Saint-Germain-en-Laye.

mey.saintgermainenlaye@gmail.com

Un autre jalon important est la boussole stratégique, adoptée par le Conseil européen le 25 mars 2022, quelques semaines seulement après le début de la guerre en Ukraine. Il s’agit du premier véritable « livre blanc » de la défense européenne. Ce document fixe une feuille de route jusqu’en 2030 : combler les lacunes capacitaires, augmenter les investissements de défense et doter l’Union d’une force de déploiement rapide. Il est régulièrement réévalué pour s’adapter à l’évolution du contexte international, et traduit la volonté de l’Europe de répondre par ses propres moyens à des menaces de plus en plus diverses, qu’elles soient militaires, spatiales ou numériques.

Cette ambition européenne ne remet pas en cause le rôle central de l’OTAN. Pour la France, l’Alliance atlantique reste le fondement de la défense collective. En témoigne son retour, en 2009, dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, tout en conservant son statut particulier dans le domaine nucléaire. Les déclarations conjointes entre l’UE et l’OTAN, en 2016 puis en 2018, ont permis d’organiser une véritable complémentarité entre les deux organisations. L’OTAN continue d’assurer la défense collective et l’interopérabilité des forces alliées, tandis que les initiatives européennes viennent renforcer cet ensemble commun.

Concrètement, comment fonctionne la PSDC ? L’Union européenne ne possède pas d’armée propre. Elle s’appuie donc sur les capacités mises à disposition par les États membres, chaque mission étant décidée à l’unanimité par le Conseil. On distingue deux types d’actions : les missions civiles, tournées vers le conseil, la formation ou l’État de droit, et les opérations militaires, plus robustes, dédiées au maintien de la paix ou à la gestion de crise. Aujourd’hui, vingt-deux missions et opérations sont en cours à travers le monde. Elles sont coordonnées par le haut représentant de l’Union, le Service européen pour l’action extérieure, ainsi que par des structures spécialisées comme le Comité militaire de l’UE. Le financement suit la même logique double : les missions civiles sont payées sur le budget de l’Union, tandis que les opérations militaires reposent sur les contributions des États, via la Facilité européenne pour la paix, créée en mars 2021.

Le Fonds européen de défense complète ce dispositif sur le plan industriel. Lancé en avril 2021, il est doté de 8,8 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Son objectif est de financer la recherche et le développement de programmes industriels transnationaux, à condition qu’au moins trois entreprises issues de trois pays européens différents s’associent au projet. L’enjeu est double : réduire la fragmentation des équipements militaires en Europe, où l’on recense 98 systèmes d’armement différents contre seulement 18 aux États-Unis, et renforcer l’autonomie stratégique du continent face aux restrictions américaines, notamment la réglementation ITAR. Le programme de travail 2026, adopté en décembre 2025, illustre cette dynamique : plus d’un milliard d’euros sont consacrés à 31 sujets allant de la cybersécurité à la lutte antidrones.

Enfin, deux défis dominent l’actualité récente de la défense européenne. Le premier est bien sûr la guerre en Ukraine. Dès le 27 février 2022, trois jours après le début de l’invasion russe, l’Union européenne a pour la première fois financé l’envoi d’armes létales à un pays tiers. Entre 2022 et 2024, l’aide militaire européenne à l’Ukraine a atteint 6,1 milliards d’euros. Elle s’accompagne d’une mission de formation, EUMAM Ukraine, qui a permis d’entraîner plus de 90 000 soldats ukrainiens depuis novembre 2022. Une « coalition des volontaires », lancée en février 2025 par Londres et Paris, réunit désormais 35 pays prêts à envisager un déploiement de troupes en cas de cessez-le-feu. Le second défi est la cybersécurité. Elle s’impose progressivement comme un front à part entière, aux côtés des menaces spatiales et hybrides, et figure désormais parmi les priorités affichées à la fois par la boussole stratégique et par le Fonds européen de défense.

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