Un 14 juillet tourné vers la paix et la solidarité : quand la Fête nationale prend une dimension européenne

Le 14 juillet, les Carriéroises et les Carriérois se sont rassemblés au cimetière de l’Arpent du Prieur pour célébrer la Fête nationale et le 236e anniversaire de la Fête de la Fédération.

Présidée par Eddie Aït, maire de Carrières-sous-Poissy, vice-président de l’Union des Maires des Yvelines et administrateur de la Maison de l’Europe des Yvelines, cette commémoration s’est tenue en présence des élus, des autorités civiles et militaires, des associations patriotiques, de la Maison de l’Europe des Yvelines et de son Centre Europe Direct (représentés par Marc Miloutinovitch, Franck Edard et Marie-Raphaëlle Minier), ainsi que des représentants du Réseau Européen de Poissy.

Dans une allocution solennelle, Monsieur le Maire a rappelé combien l’héritage des Lumières et les valeurs de notre devise républicaine continuent d’inspirer l’action municipale, à travers les figures de Simone Veil, Robert Badinter, Lucie et Raymond Aubrac, Alfred Dreyfus et du pasteur Freddy Durrleman.

Face aux crises qui traversent notre continent, Eddie Aït a également souligné que la défense de la démocratie, de la liberté et de la paix s’inscrit pleinement dans une dimension européenne. En lien étroit avec la Maison de l’Europe des Yvelines et son Centre Europe Direct, cette ambition se traduit par un engagement concret en faveur de la solidarité européenne et du soutien au peuple ukrainien.

Un message chaleureux de Tetiana Svyrydenko, maire d’Ivankiv, est venu illustrer cette volonté de construire des ponts entre les peuples. À la suite du protocole d’intention signé entre nos deux communes et du déplacement d’Eddie Aït à Kyiv en mai dernier, des jeunes d’Ivankiv seront accueillis à Carrières-sous-Poissy du 26 octobre au 2 novembre prochains pour un séjour placé sous le signe de la culture, de l’environnement et de l’innovation.

Juillet, un tournant dans les relations Ukraine – UE

L’Ukraine franchit un nouveau pas vers l’adhésion à l’Union européenne

Ce mardi 14 juillet, pendant que la France célébrait la prise de la Bastille, l’Ukraine a ouvert un deuxième groupe de négociations sur les six que compte son parcours d’adhésion à l’Union européenne. Une avancée rendue possible par le récent basculement politique en Hongrie, mais qui reste loin de garantir une intégration rapide.

Réunis à Bruxelles, les ministres des Affaires européennes des Vingt-Sept ont validé mardi l’ouverture du groupe de négociation « Relations extérieures », consacré à la politique étrangère, la sécurité et la défense. C’est le deuxième groupe ouvert pour l’Ukraine, après celui des « Fondamentaux », entériné le 15 juin dernier. Fait rare : selon la presse européenne, l’UE n’avait plus mené de négociations d’adhésion avec quatre pays candidats le même jour depuis 2002. L’Albanie et le Monténégro ont eux aussi avancé dans leur propre parcours à cette occasion, aux côtés de l’Ukraine et de la Moldavie. Le chemin vers l’adhésion reste néanmoins long et complexe, jalonné d’étapes que Kiev souhaite franchir au plus vite.

Trois grandes étapes

Pour intégrer l’Union européenne, tout pays candidat doit suivre un « processus d’adhésion » structuré en trois temps. D’abord, la candidature : le pays dépose une demande auprès du Conseil de l’UE, qui charge la Commission d’évaluer sa capacité à remplir les critères d’adhésion. Sur cette base, le Conseil décide, à l’unanimité des Vingt-Sept, d’accorder ou non le statut de candidat et d’ouvrir des négociations formelles.

Vient ensuite la négociation, pendant laquelle le pays candidat aligne progressivement sa législation sur celle de l’Union : ce que l’on appelle l’acquis communautaire. La Commission suit ces réformes et en rend compte régulièrement au Conseil et au Parlement européen.

Enfin, une fois les négociations achevées, la Commission émet un avis sur la capacité du pays à devenir État membre. Si cet avis est favorable, un traité d’adhésion est rédigé, précisant les conditions d’entrée dans l’Union. Il doit recueillir l’accord de la Commission, du Conseil européen et du Parlement européen, avant d’être signé puis ratifié par le pays candidat et par chacun des États membres.

L’Ukraine se trouve aujourd’hui dans la deuxième de ces étapes : la négociation d’adhésion.

Le déblocage hongrois

Chaque étape de ce processus, donc chaque groupe de négociation, exige l’accord unanime des Vingt-Sept. C’est précisément ce qui avait permis à Viktor Orbán de bloquer systématiquement le dossier ukrainien par son veto depuis l’ouverture des négociations en 2024. Sa défaite retentissante face à Péter Magyar lors des élections législatives du 12 avril 2026, le parti Tisza de ce dernier a remporté une majorité des deux tiers au Parlement, a rebattu les cartes : devenu Premier ministre en mai, Magyar a laissé la procédure reprendre son cours.

Le nouveau chef du gouvernement hongrois reste cependant loin d’être un partisan inconditionnel d’une adhésion rapide de l’Ukraine. Il a plaidé pour un rythme plus mesuré, afin de ne pas pénaliser les candidats des Balkans occidentaux, engagés dans leurs négociations depuis bien plus longtemps. De fait, quatre des six groupes restent pour l’instant bloqués côté ukrainien, et devraient être examinés un par un à partir de septembre plutôt que d’un bloc, comme Bruxelles l’avait initialement espéré avant l’été.

Une adhésion « rapide », à l’échelle du processus

Le processus d’adhésion est long et complexe, mais l’avancée récente de l’Ukraine laisse entrevoir une intégration relativement « rapide », toute proportion gardée. Prenons l’exemple du Monténégro, pays le plus avancé dans son parcours : son entrée dans l’UE est espérée pour 2028, alors qu’il a obtenu le statut de candidat dès 2010, soit dix-huit ans d’écart entre les deux étapes. L’Ukraine, elle, est officiellement candidate depuis 2022. En suivant une trajectoire comparable, on pourrait imaginer une adhésion complète aux alentours de 2040. Les négociations avancent donc vite, mais toujours à l’échelle d’un processus qui se compte en décennies.

Un autre jalon important est la boussole stratégique, adoptée par le Conseil européen le 25 mars 2022, quelques semaines seulement après le début de la guerre en Ukraine. Il s’agit du premier véritable « livre blanc » de la défense européenne. Ce document fixe une feuille de route jusqu’en 2030 : combler les lacunes capacitaires, augmenter les investissements de défense et doter l’Union d’une force de déploiement rapide. Il est régulièrement réévalué pour s’adapter à l’évolution du contexte international, et traduit la volonté de l’Europe de répondre par ses propres moyens à des menaces de plus en plus diverses, qu’elles soient militaires, spatiales ou numériques.

Cette ambition européenne ne remet pas en cause le rôle central de l’OTAN. Pour la France, l’Alliance atlantique reste le fondement de la défense collective. En témoigne son retour, en 2009, dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, tout en conservant son statut particulier dans le domaine nucléaire. Les déclarations conjointes entre l’UE et l’OTAN, en 2016 puis en 2018, ont permis d’organiser une véritable complémentarité entre les deux organisations. L’OTAN continue d’assurer la défense collective et l’interopérabilité des forces alliées, tandis que les initiatives européennes viennent renforcer cet ensemble commun.

Concrètement, comment fonctionne la PSDC ? L’Union européenne ne possède pas d’armée propre. Elle s’appuie donc sur les capacités mises à disposition par les États membres, chaque mission étant décidée à l’unanimité par le Conseil. On distingue deux types d’actions : les missions civiles, tournées vers le conseil, la formation ou l’État de droit, et les opérations militaires, plus robustes, dédiées au maintien de la paix ou à la gestion de crise. Aujourd’hui, vingt-deux missions et opérations sont en cours à travers le monde. Elles sont coordonnées par le haut représentant de l’Union, le Service européen pour l’action extérieure, ainsi que par des structures spécialisées comme le Comité militaire de l’UE. Le financement suit la même logique double : les missions civiles sont payées sur le budget de l’Union, tandis que les opérations militaires reposent sur les contributions des États, via la Facilité européenne pour la paix, créée en mars 2021.

Le Fonds européen de défense complète ce dispositif sur le plan industriel. Lancé en avril 2021, il est doté de 8,8 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Son objectif est de financer la recherche et le développement de programmes industriels transnationaux, à condition qu’au moins trois entreprises issues de trois pays européens différents s’associent au projet. L’enjeu est double : réduire la fragmentation des équipements militaires en Europe, où l’on recense 98 systèmes d’armement différents contre seulement 18 aux États-Unis, et renforcer l’autonomie stratégique du continent face aux restrictions américaines, notamment la réglementation ITAR. Le programme de travail 2026, adopté en décembre 2025, illustre cette dynamique : plus d’un milliard d’euros sont consacrés à 31 sujets allant de la cybersécurité à la lutte antidrones.

Enfin, deux défis dominent l’actualité récente de la défense européenne. Le premier est bien sûr la guerre en Ukraine. Dès le 27 février 2022, trois jours après le début de l’invasion russe, l’Union européenne a pour la première fois financé l’envoi d’armes létales à un pays tiers. Entre 2022 et 2024, l’aide militaire européenne à l’Ukraine a atteint 6,1 milliards d’euros. Elle s’accompagne d’une mission de formation, EUMAM Ukraine, qui a permis d’entraîner plus de 90 000 soldats ukrainiens depuis novembre 2022. Une « coalition des volontaires », lancée en février 2025 par Londres et Paris, réunit désormais 35 pays prêts à envisager un déploiement de troupes en cas de cessez-le-feu. Le second défi est la cybersécurité. Elle s’impose progressivement comme un front à part entière, aux côtés des menaces spatiales et hybrides, et figure désormais parmi les priorités affichées à la fois par la boussole stratégique et par le Fonds européen de défense.

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