Le 16 septembre 2026, Ursula von der Leyen prononcera à Strasbourg son sixième discours sur l’état de l’Union, le second depuis sa réélection à la tête de la Commission en juillet 2024. Un rituel de rentrée devenu, en seize ans, l’un des rendez-vous les plus scrutés du calendrier européen.
Une tradition née du traité de Lisbonne :
Instauré en 2010 sous la présidence de José Manuel Barroso, cet exercice découle du traité de Lisbonne. Un accord-cadre signé la même année en fixe le format : chaque année en septembre, le président ou la présidente de la Commission dresse devant les eurodéputés le bilan de l’année écoulée, puis expose ses priorités pour la suivante avant un débat avec les groupes politiques. Une lettre d’intention détaille ensuite par écrit le programme de travail à venir que la Commission devra négocier avec le Parlement et les Vingt-Sept.
Trois présidents s’y sont prêtés : Barroso (4 discours, 2010-2013), Juncker (4 discours, 2015-2018) et von der Leyen (2020-2023, puis 2025-2026). Chaque édition a porté la marque de son époque : crise de la dette grecque pour Barroso, crise migratoire et Brexit pour Juncker, pandémie puis guerre en Ukraine pour von der Leyen.
Les dossiers de la rentrée 2026 :
Le contenu reste secret jusqu’au dernier moment, mais plusieurs chantiers domineront à coup sûr : la guerre en Ukraine et le prêt de 90 milliards d’euros à Kiev pour 2026-2027, le budget européen 2028-2034 (près de 2 000 milliards d’euros, toujours disputé entre États membres), la compétitivité, l’élargissement et la migration. La défense figure également en bonne place, avec le suivi du semestre européen consacré à la préparation militaire du continent. Côté élargissement, ce sont surtout les Balkans occidentaux, la Moldavie et l’Ukraine qui sont concernés par ce rapprochement avec l’Union. Le volet climatique ne devrait pas être en reste, avec la mise en œuvre programmée du nouveau marché du carbone étendu au bâtiment et au transport routier d’ici 2028. La régulation des grandes plateformes numériques, régulièrement citée parmi les dossiers de la rentrée, pourrait, elle aussi trouver un écho dans le discours. Le Premier ministre canadien Mark Carney est attendu à Strasbourg, signe du resserrement des liens entre l’UE et Ottawa. En amont, Ursula von der Leyen s’est rendue au Centre de crise européen, laissant présager une place importante accordée à la gestion des crises.
Une pratique qui dépasse l’Union européenne :
L’exercice s’inspire du State of the Union américain, prononcé chaque année devant le Congrès depuis George Washington en 1790. Au sein de l’UE, le Luxembourg a son propre discours sur l’état de la Nation, tandis que les Pays-Bas (roi Willem-Alexander, en septembre) et le Royaume-Uni (roi Charles III, à l’ouverture de chaque session parlementaire) perpétuent la tradition du discours du Trône.
